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Enver Hoxhaj, ministre kosovar : « La Serbie doit démanteler ses structures étatiques au Kosovo »

Engagé en mars, le dialogue entre le Kosovo et la Serbie reprend aujourd’hui, sous l’égide de l’Union européenne. Il avait été suspendu début juillet, la Serbie refusant de supprimer son embargo sur les produits en provenance du Kosovo.

Le 25 juillet, Pristina avait décidé de bloquer, à son tour, les produits ayant transité par Belgrade. Des Serbes avaient alors incendié un poste frontière kosovar.

 ENTRETIEN

 Enver Hoxhaj

 Ministre des affaires étrangères du Kosovo


LA CROIX : Quels sont les résultats du dialogue avec Belgrade ?

Enver Hoxhaj :
Il vise à résoudre des problèmes techniques. Cinq rencontres ont permis de parvenir à trois accords. Le premier permet aux citoyens de voyager avec leur carte d’identité dans chaque pays. Par le deuxième, la Serbie reconnaît les plaques d’immatriculation du Kosovo. Le troisième permet la reconnaissance mutuelle des diplômes. Ils devront être mis en œuvre à partir du 1er  novembre.

 La question douanière doit être abordée aujourd’hui. Pourquoi est-elle si sensible ?

Depuis notre indépendance, en 2008, la Serbie n’a jamais accepté l’entrée sur son sol d’une marchandise frappée du sceau kosovar. Selon les Nations unies, le Kosovo est pourtant un espace douanier propre, ce qui veut dire que le refus serbe est à la fois une violation de la loi internationale et de nos institutions.

La situation était donc la suivante : la Serbie pouvait exporter au Kosovo et le Kosovo ne pouvait pas exporter en Serbie ni même faire transiter des produits. Il y avait une asymétrie. Durant les cinq premières rencontres du dialogue, les Serbes ont toujours reporté le traitement de cette question. Le 21 juillet, nous espérions l’aborder, mais ils ont boycotté le dialogue.

Nous avons donc décidé d’appliquer la réciprocité : si la Serbie n’accepte les marchandises du Kosovo, le Kosovo n’accepte pas les marchandises de Serbie.

Cette nouvelle session permettra-t-elle de régler ce problème ?

Je ne suis pas devin. Ce qui compte est que les Serbes reviennent à la table des négociations.

La création d’un statut spécial pour le nord du Kosovo, où vit une importante communauté serbe, pourrait-elle être une solution pour pacifier les relations ?

Ces trois dernières années, nous avons travaillé dur avec la communauté internationale pour mettre en œuvre le plan Ahtisaari (NDLR : du nom du médiateur des Nations unies pour le Kosovo, ce plan a été présenté en 2007 pour permettre la création de l’État du Kosovo), qui propose une solution pour intégrer la communauté serbe au Kosovo.

Plus de 90 % de ce plan est appliqué aujourd’hui. Les Serbes sont représentés au niveau du gouvernement central, du Parlement et de six municipalités. Le plan Ahtisaari garantit les droits et la représentation de la minorité serbe comme nulle part ailleurs en Europe. Il doit être appliqué dans le nord du Kosovo. Il est temps que la Serbie y démantèle ses structures étatiques et paramilitaires.

La mission de l’Union européenne au Kosovo vient de nommer un procureur pour mener l’enquête sur une affaire de trafic d’organes dans laquelle pourrait être impliqué le premier ministre. Craignez-vous pour la crédibilité du gouvernement ?

Le rapport écrit par Dick Marty (NDLR : un député suisse) et ses allégations au sujet du trafic d’organes ont beaucoup abîmé l’image du pays. Il n’y a donc pas de gouvernement qui soit plus mobilisé que le nôtre pour faire la lumière sur cette question. Nous accueillons favorablement cette nomination. La question relève désormais de la justice.

Source: La Croix

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